Une brique creuse de 20 cm affiche une résistance thermique R comprise entre 0,6 et 1,25 m².K/W selon le modèle et la qualité de pose. C’est la réponse courte. La réponse longue, c’est ce qui suit : pourquoi cette fourchette, est-ce que ça suffit, et que faire si ce n’est pas le cas.
La résistance thermique d’une brique creuse de 20 cm : quelle valeur attendre ?
Le R d’un matériau se calcule en divisant son épaisseur (en mètres) par sa conductivité thermique lambda (en W/m·K). Pour une brique creuse classique :
- Lambda ≈ 0,20 à 0,25 W/m·K pour une brique creuse standard en terre cuite
- R ≈ 0,80 à 1,00 m².K/W pour 20 cm d’épaisseur
- Les modèles alvéolaires optimisés atteignent R = 1,15 à 1,25 m².K/W
- Les briques basse densité les plus performantes peuvent dépasser R = 1,50 m².K/W
Ces écarts s’expliquent par la géométrie des alvéoles : plus elles sont nombreuses et finement réparties, plus les poches d’air piégées freinent les transferts thermiques. Un mur en brique creuse 20 cm bien posé se comporte donc bien mieux qu’un parpaing de même épaisseur. Si vous souhaitez vérifier vos propres valeurs, une calculette de résistance thermique en ligne peut vous faire gagner du temps.
Pourquoi la brique creuse isole mieux que le parpaing
La comparaison revient souvent, et les chiffres sont sans équivoque. Un parpaing creux de 20 cm plafonne à R = 0,23 m².K/W. Une brique creuse de même épaisseur atteint R = 1,15 m².K/W dans sa version courante. Soit un rapport de 1 à 5 sur le seul matériau porteur.
Ce n’est pas une magie : c’est la structure alvéolée de la brique en terre cuite qui fait la différence. Les alvéoles créent des couches d’air emprisonnées, la terre cuite régule naturellement l’hygrométrie, et le matériau offre en prime un déphasage de 8 à 10 heures (ce qui signifie que la chaleur du jour met plusieurs heures à traverser le mur, ce qui profite au confort d’été).
Quelques avantages concrets :
- Inertie thermique élevée (masse volumique ~2 000 kg/m³), utile en été
- Bonne régulation de l’humidité intérieure
- Résistance mécanique solide : jusqu’à 4 tonnes en compression pour les murs porteurs
- Incombustible, classé pare-flamme 1 à 2 heures
Est-ce suffisant pour répondre aux normes RE 2020 ?
Clairement, non. La RE 2020 exige une résistance thermique de paroi globale autour de R = 6 m².K/W pour les murs. Même la brique creuse la plus performante en 20 cm ne dépasse pas R = 1,25 m².K/W. L’écart est trop important pour être ignoré.
C’est un point important à intégrer dès la conception : la brique creuse de 20 cm est un matériau porteur, pas un isolant autonome. Elle constitue la structure du mur, et l’isolation complémentaire fait le reste du travail. C’est d’ailleurs vrai pour le parpaing, la brique pleine ou le béton banché.
La bonne nouvelle : avec 20 cm de laine de verre (R = 5 m².K/W), la paroi brique atteint R = 6,15 m².K/W. La RE 2020 est alors respectée. Ajouter encore quelques centimètres d’isolant, et les performances deviennent très confortables.
Quelle isolation choisir pour compléter une brique creuse de 20 cm ?
Deux grandes options s’offrent selon le projet :
Isolation par l’intérieur (ITI)
- Laine de verre ou laine de roche en 100 à 140 mm (R ≈ 3,5 à 5 m².K/W)
- Panneaux de polystyrène expansé (PSE) en doublage
- Moins coûteuse à la pose, mais réduit la surface habitable et supprime l’inertie thermique du mur
Isolation par l’extérieur (ITE)
- Polystyrène expansé graphité ou laine de roche en 100 à 160 mm
- Préserve l’inertie thermique de la brique, traite mieux les ponts thermiques
- Coût plus élevé mais performance globale supérieure, surtout pour le confort d’été
Pour un mur RE 2020, visez une résistance totale de paroi ≥ 6 m².K/W. Avec une brique creuse 20 cm à R = 1,15, il faut donc un isolant complémentaire d’au moins R = 4,85, soit environ 120 mm de laine de verre ou 140 mm de PSE.
Si le budget est serré, l’ITI reste accessible et performante. Si le confort d’été est une priorité dans votre région, l’ITE valorise mieux l’inertie de la brique creuse.






