Mister Menuiserie : pourquoi l’enseigne a fermé et quels recours pour les clients

Vous cherchez un magasin Mister Menuiserie ou le suivi d’une commande ? La réponse tient en une phrase : l’enseigne n’existe plus. Le tribunal de commerce de Rouen a prononcé sa liquidation judiciaire le 4 décembre 2024, sans poursuite d’activité. Les 150 points de vente ont baissé le rideau et le site marchand ne prend plus aucune commande. À l’été 2026, aucun repreneur n’a relancé la marque. Voici le déroulé des faits, ce que proposait l’enseigne et les démarches qui restent ouvertes aux clients laissés sur le carreau.

Mister Menuiserie a fermé ses portes en décembre 2024

Tout s’est joué en trois semaines. Le 12 novembre 2024, le tribunal de commerce de Rouen place en redressement judiciaire les sociétés Label Habitat, Label Digital et MisterMenuiserie Store, qui exploitaient l’enseigne. Le 4 décembre, la procédure bascule en liquidation judiciaire sans poursuite d’activité. Née en 2015 et installée à Saint-Marcel, dans l’Eure, la société revendiquait 150 magasins, six sites de vente en ligne et près de 300 salariés. La direction a mis en avant la défaillance d’un partenaire clé pour expliquer le déséquilibre financier.

Date Décision du tribunal Ce que ça change pour les clients
12 novembre 2024 Redressement judiciaire Commandes en suspens, livraisons gelées
4 décembre 2024 Liquidation judiciaire sans poursuite d’activité Magasins fermés, commandes annulées
15 janvier 2025 Date limite de déclaration de créance Passé ce délai, forclusion des droits à agir

Le tribunal a désigné la SCP Mandateam, à Évreux, comme liquidateur, avec Maître Maud Zolotarenko aux commandes du dossier. Depuis, aucun repreneur n’a relancé l’enseigne : le domaine mistermenuiserie.com n’héberge plus qu’une page d’informations destinée aux anciens clients. Les enseignes que vous croisez encore sur d’anciennes fiches d’établissement en ligne renvoient à des magasins définitivement fermés.

Portails, fenêtres, pergolas : ce que vendait l’enseigne

Mister Menuiserie occupait un créneau bien identifié : l’aménagement extérieur de la maison à prix serré, vendu en ligne autant qu’en showroom. Le catalogue ratissait large sur les ouvertures et les abords :

  • portails coulissants et battants, portillons, clôtures
  • fenêtres et baies en aluminium ou PVC, portes d’entrée
  • volets roulants et volets battants
  • pergolas bioclimatiques, carports, vérandas
  • motorisations, interphones et accessoires de confort

Le modèle mariait la boutique physique et le web : conseil en magasin, prise de mesures, tutoriels vidéo pour le montage, réseau d’artisans partenaires pour la pose. La pergola bioclimatique comptait parmi ses produits d’appel, sur un marché où l’intérêt d’un abri de terrasse modulable ne se dément pas. Le groupe exploitait aussi cinq autres boutiques en ligne spécialisées (radiateurs, coffres-forts, télécommandes, poêles à bois, motorisations), toutes emportées par la même procédure. Cette galaxie de sites explique pourquoi la chute a touché des profils de clients très différents.

Commande payée mais jamais livrée : quels recours ?

Le calendrier officiel s’est refermé vite. Les clients ayant réglé une commande avant le 12 novembre 2024 devaient déclarer leur créance auprès du liquidateur avant le 15 janvier 2025, sous peine de forclusion. Ce délai appartient au passé, ce qui limite désormais la voie classique de la déclaration de créance.

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Le dossier reste vivant sur le terrain judiciaire. Plus de 240 clients se sont regroupés derrière Maître Emma Leoty, avocate qui a lancé une action collective assortie d’une plainte contre X. Les sommes évoquées par les victimes atteignent souvent 8 000 à 10 000 euros par foyer, acomptes versés pour des chantiers restés en plan.

Ces clients se retrouvent le bec dans l’eau, résume Maître Emma Leoty, citée par ICI Normandie en janvier 2025.

Trois pistes gardent de l’intérêt pour les personnes concernées. Le crédit affecté d’abord : une mise en demeure de l’organisme prêteur vise à stopper les prélèvements à venir, faute de livraison. L’assurance ensuite, car certains contrats couvrent l’ouverture d’une procédure collective chez le vendeur. La rétrofacturation enfin, procédure de contestation auprès de sa banque pour un paiement par carte, dont la DGCCRF détaille le fonctionnement. Un dernier point mérite d’être connu : dans une liquidation, les particuliers arrivent en fin de file dans l’ordre des créanciers, derrière les salariés et le Trésor public.

Commande payée, jamais livrée : les trois pistes qui restent

Le délai de déclaration de créance auprès du liquidateur (15 janvier 2025) est dépassé.

1. Le crédit affecté

Une mise en demeure de l’organisme prêteur vise à stopper les prélèvements à venir, faute de livraison.

2. L’assurance

Certains contrats couvrent l’ouverture d’une procédure collective chez le vendeur : relisez vos garanties avant d’abandonner.

3. La rétrofacturation

Procédure de contestation auprès de sa banque pour un paiement par carte, dont la DGCCRF détaille le fonctionnement.

À savoir : dans une liquidation, les particuliers arrivent en fin de file dans l’ordre des créanciers, derrière les salariés et le Trésor public.

Ce que disaient les avis clients avant la fermeture

La réputation de l’enseigne oscillait bien avant le dépôt de bilan. Sur Trustpilot, la note tourne autour de 3,7/5 pour près de 5 800 avis ; sur Avis Vérifiés, elle descend à 2,8/5 pour plus de 9 100 contributions. Ces plateformes fonctionnent en dépôt libre : elles reflètent des tendances, pas un verdict.

Le partage était net. D’un côté, les clients saluaient le rapport qualité-prix, le design des portails alu et la conformité des cotes sur mesure. De l’autre, ils signalaient souvent deux irritants : des délais de livraison qui s’étirent bien au-delà des dates annoncées et un service après-vente difficile à joindre en cas de panne sous garantie. Ce genre de signal faible sur la logistique et le SAV mérite l’attention quand il se répète sur des milliers d’avis.

Les réflexes à garder avant de verser un acompte

Cette affaire laisse une leçon utile pour tout projet de menuiserie, chez n’importe quelle enseigne. Une communication commerciale tonitruante et des prix cassés ne disent rien de la solidité financière d’une société. La même vigilance vaut au moment de sélectionner l’artisan qui posera vos menuiseries. Avant de signer un devis à quatre chiffres :

  • consultez les comptes et les annonces légales de la société (BODACC, greffe) pour repérer une procédure en cours
  • privilégiez la carte bancaire (qui ouvre la voie à la rétrofacturation) ou un crédit affecté qui lie le prêt à la livraison
  • négociez un acompte plafonné à 30 % et échelonnez le reste selon l’avancement réel
  • conservez devis, bons de commande et échanges écrits, seules pièces valables dans un dossier
  • méfiez-vous des remises massives couplées à un paiement intégral demandé d’avance

Un fournisseur sérieux accepte ces garde-fous sans broncher. Celui qui réclame la totalité avant même de lancer la fabrication vous demande, en réalité, de financer sa trésorerie.

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