Le RAL 7035 porte le nom de gris clair, parfois de gris lumière. Derrière ce code un peu austère se cache l’un des gris les plus doux du nuancier : un ton neutre, lumineux, codé #C5C7C4 en hexadécimal, avec une pointe de vert si ténue que l’œil la devine à peine. C’est le gris passe-partout par excellence, celui qui laisse les autres couleurs exister sans jamais leur voler la vedette. Voici sa vraie tête, ses cousins à ne pas confondre avec lui et les endroits où il fait merveille chez vous.
Les trois gris côte à côte
Le 7035 et ses deux voisins de nuancier, avec leur réflexion lumineuse.
RAL 7035 gris clair
#C5C7C4
Réflexion 58 · gris lumineux, soupçon de vert
RAL 7047 Telegris 4
#C7C7C5
Réflexion 57 · jumeau du 7035, un cheveu plus neutre
RAL 7032 gris silex
#B1B1A1
Réflexion 43 · gris sourd, dominante beige
Ces aplats servent à mesurer l’écart entre les trois teintes, pas à choisir : aucun écran ne restitue un gris avec justesse.
La carte d’identité du gris clair RAL 7035
Le RAL 7035 appartient à la famille des gris du nuancier RAL Classic, qui en compte trente-huit. Les Allemands l’appellent Lichtgrau, les Anglais Light grey, les Italiens Grigio luce : partout le même message de clarté. Ses coordonnées RVB tournent autour de 197, 199, 196, un trio presque équilibré où le vert devance le bleu d’une paille. D’où ce gris qui refuse de trancher entre le froid et le chaud, avec un léger reflet argenté et un soupçon de vert quand la lumière frappe fort.
Sa valeur de réflexion lumineuse atteint 58 sur une échelle de 100, ce qui le place dans le haut du panier des gris. Il renvoie près de six dixièmes de la lumière qu’il reçoit, assez pour ouvrir une pièce sombre sans basculer dans le blanc clinique. Cette luminosité explique son règne depuis des décennies sur les armoires électriques, les machines-outils, les façades métalliques et les intérieurs de bureaux.
Le RAL 7035 face aux autres gris du nuancier
La confusion guette dès qu’on feuillette un nuancier : plusieurs gris voisins se ressemblent comme des frères sur écran et divergent une fois posés au mur. Le RAL 7047 joue les sosies troublants du 7035, à un point de réflexion près. Le RAL 7032, lui, change de registre : plus sourd, plus terreux, il tire vers le beige et absorbe bien davantage la lumière. Si c’est justement cette chaleur beige qui vous attire, le RAL 7006 la pousse encore plus loin et se marie avec d’autres teintes en intérieur sans jamais paraître froid. Quant au fameux gris anthracite des menuiseries contemporaines, c’est le RAL 7016, un gris profond qui n’a rien à voir avec la clarté du 7035.
| Teinte | Code hexadécimal | Réflexion lumineuse | Rendu à l’œil |
|---|---|---|---|
| RAL 7035 gris clair | #C5C7C4 | 58 | gris lumineux, soupçon de vert |
| RAL 7047 Telegris 4 | #C7C7C5 | 57 | jumeau du 7035, un cheveu plus neutre |
| RAL 7032 gris silex | #B1B1A1 | 43 | gris sourd, dominante beige |
Cet écart de quinze points entre le 7035 et le 7032 saute aux yeux sur une grande surface : un mur, un portail ou un bardage entier. Sur un échantillon de dix centimètres, il passe presque inaperçu.
Où poser ce gris chez soi ?

Sa neutralité en fait un allié des projets où la couleur reste au second plan. Le RAL 7035 sert de toile de fond aux matières : le bois brut, le lin, le laiton et les verdures ressortent d’un cran devant lui. Côté palette, il s’entend avec à peu près tout, même si certaines couleurs mettent le gris particulièrement en valeur. Quelques usages qui fonctionnent :
- Menuiseries aluminium, portail et volets, pour une façade claire qui vieillit sans jaunir
- Bardage en bac acier ou clôture, où sa version polyester résiste aux intempéries
- Mur de fond derrière une bibliothèque ou une tête de lit, plus enveloppant qu’un blanc pur
- Façades de cuisine en finition mate, associées à un plan de travail en bois chaud
- Mobilier métallique, casiers d’atelier et étagères, dans un esprit industriel adouci
- Revêtement de piscine, où il donne à l’eau une teinte bleu rivière très actuelle
Ce dernier point mérite un mot : la résine gris clair change radicalement la perception du bassin. Là où un liner blanc produit un bleu cristallin, le RAL 7035 tire l’eau vers un bleu profond et minéral, plus proche d’un plan d’eau naturel.
Réussir la peinture RAL 7035 sur ses supports
Un gris clair pardonne peu. Il révèle les traces de ponçage, les reprises et les irrégularités du support avec une franchise déconcertante. La préparation compte autant que la teinte : dégraissage, ponçage au grain 400 à 600 puis apprêt garnissant sur les surfaces abîmées. Choisissez un apprêt gris plutôt que blanc, la base facilite le recouvrement et réduit le nombre de passes.
Deux à trois couches suffisent en général pour un rendu homogène, à condition de respecter les temps d’évaporation. Visez une température comprise entre 18 et 25 °C et une hygrométrie sous les 70 %, faute de quoi le film sèche mal et perd de son uniformité.
Mat, satiné ou brillant
Le mat et le satiné gomment les micro-rayures et simplifient l’entretien quotidien, deux atouts sur du mobilier ou des façades de meuble. Ils exigent en revanche une application irréprochable puisque aucun polissage ne rattrape un défaut. Le brillant, protégé par un vernis, triple la longévité de la teinte face aux UV et aux lavages répétés : le réflexe à adopter dehors, sur un portail ou une pièce de carrosserie.
Tester la teinte avant de se lancer
Aucun écran ne restitue un gris avec justesse. Le calibrage, la luminosité de la pièce et le revêtement de l’écran déforment tous la perception et deux ordinateurs côte à côte affichent déjà deux 7035 différents.
Un gris ne se choisit pas sur une image : il se choisit sur un échantillon posé au mur, regardé le matin puis le soir.
Le passage obligé reste donc l’échantillon physique. Une plaquette A6 de la teinte coûte quelques euros, un échantillon de bac acier moins d’un euro, un éventail RAL Classic complet une quinzaine d’euros hors taxes. Peignez une planche d’essai, promenez-la dans la pièce, observez-la sous la lumière du nord puis sous vos ampoules du soir. Une orientation nord fait ressortir sa pointe verte quand une exposition sud l’éclaircit jusqu’à le confondre avec un blanc cassé. Ce quart d’heure d’observation évite bien des regrets une fois les vingt mètres carrés peints.






