Vous avez peut-être croisé ces vidéos où un personnage blanc se change en tableau accroché au mur pendant qu’un chasseur passe devant sans rien voir. Meccha Chameleon est un jeu de cache-cache multijoueur sorti le 10 juin 2026 sur Steam, où chaque joueur peint son avatar pour imiter le décor. Deux développeurs japonais indépendants l’ont créé en deux mois et le titre a dépassé les 15 millions d’exemplaires vendus en moins d’un mois, pour un ticket d’entrée de 6,15 euros.
Le principe : peindre son personnage pour disparaître
Les joueurs incarnent un bipède blanc et informe, sans visage ni vêtements. La partie sépare deux camps : les chasseurs et les caméléons. Les caméléons disposent d’outils de couleur pour peindre leur corps, motif par motif et de plusieurs poses (se recroqueviller, s’allonger, se tenir droit) pour épouser la forme d’un objet. Les chasseurs arpentent la carte et doivent tous les débusquer avant la fin du chrono.
Le talent graphique fait la différence, la lecture du décor aussi. Une caméra libre permet aux caméléons d’observer la pièce ou de suivre le chasseur des yeux pendant qu’il approche. Le jeu leur donne même de quoi le narguer : un sifflement volontaire qui trahit leur position approximative. Une option de provocation forcée déclenche ce son au bout d’un certain temps pour éviter les parties qui s’éternisent.
Trois modes, 24 joueurs et des cartes maison
Le mode classique se double de deux variantes. Le mode Infection transforme chaque caméléon repéré en chasseur, ce qui accélère la fin de partie. Le mode Double lance tout le monde en phase de camouflage avant de basculer : chacun devient chercheur et le meilleur limier remporte la manche. Les serveurs publics et privés cohabitent, l’hébergement reposant sur la connexion de l’hôte.
Une partie accueille jusqu’à 24 joueurs, même si les développeurs recommandent 2 à 12 participants pour rester fluide. Les décors officiels misent sur le dépaysement : Manoir du cache-cache, Campagne intérieure, Égouts, The Backrooms, Hôtel Pingouin, Sugarland ou Osaka. Le Steam Workshop héberge en plus des créations signées par la communauté.
Cette liberté a montré son revers. Des cartes piégées contenant du code malveillant ont circulé sur le Workshop avant que les développeurs bannissent les comptes concernés, retirent les fichiers et neutralisent le problème par des correctifs. Le réflexe à garder : privilégier les créations populaires et bien notées.
Prix, configuration et plateformes de Meccha Chameleon
Comptez 6,15 euros sur Steam, avec des promotions à moins 15 % qui font tomber la note sous les 5,25 euros. La configuration réclamée reste légère : Windows 10 en 64 bits, un processeur Core i5 et une carte graphique compatible DirectX 11 ou 12. L’interface et les sous-titres existent en français.
| Plateforme | Disponibilité |
|---|---|
| PC Windows (Steam) | Version officielle à 6,15 € |
| GeForce Now | Jouable en streaming cloud |
| PS5, Xbox, Nintendo Switch | Aucun portage annoncé |
| Android et iOS | Aucune version officielle |
Les requêtes autour d’une version PS5, Android ou mobile reviennent sans arrêt. Aucun portage n’existe à ce jour. Les sites de jeux gratuits qui affichent ce nom proposent des imitations inspirées du concept : le seul exemplaire authentique se télécharge sur Steam.
Pourquoi ce jeu à 6 euros a-t-il explosé ?
Le succès a démarré sans un euro de publicité. Le jour de la sortie, 20 000 personnes jouaient en même temps sur Steam. Le 15 juin, elles étaient 90 000. Le pic historique a dépassé 340 000 joueurs simultanés le 22 juin. Côté ventes, le compteur affichait 250 000 exemplaires le 11 juin, un million au bout de quatre jours, sept millions le 22 juin puis dix millions le 26.
Le moteur, ce sont les clips. Un joueur reproduit la Joconde pour se planquer, un autre se change en affiche Wanted puis la vidéo part sur Instagram et TikTok avec deux millions de mentions J’aime. Le titre appartient à cette famille de jeux surnommés friendslop : multijoueur, bon marché, limpide en trente secondes et taillé pour les fous rires entre amis.
Deux millions de ventes en cinq jours sans la moindre promotion, une réalisation impensable pour l’industrie du jeu vidéo, résume Taira Nakamura, producteur chez Sega.
Le carton a nourri des rumeurs : streamers payés en amont, soutiens financiers cachés derrière des serveurs capables d’encaisser 200 000 joueurs. Haganeiro a démenti et rappelé que le jeu tourne sur Epic Online Services, l’infrastructure réseau gratuite d’Epic Games.
Bien se camoufler : les réflexes qui font la différence
Peindre vite et juste demande le même coup d’œil qu’un accrochage réussi dans un salon : une histoire de teintes, de proportions et de lumière.
- Repérez la couleur dominante de la zone avant de sortir le pinceau, puis ajoutez le motif secondaire (joint de carrelage, veine de bois, trame d’un tapis).
- Choisissez un support crédible : un cadre, un radiateur, une pile de coussins ou une caisse en bois pardonnent les approximations.
- Adaptez la pose à l’objet imité. Une silhouette allongée passe pour une plinthe, une posture recroquevillée pour un pouf.
- Fuyez les zones surexposées. La lumière crue révèle les écarts de teinte que l’œil ignore dans un coin d’ombre.
- Gardez le sifflement pour la fin de manche, quand le chasseur fouille à l’autre bout de la carte.
La perfection graphique compte moins que la cohérence : un aplat propre posé au bon endroit trompe davantage qu’un chef-d’œuvre planté au milieu d’un couloir vide. Les meilleurs caméléons observent la pièce avant de peindre.






